FRÉDÉRIC MAZURIER, Directeur du CHIMM

Pour notre « En parlant avec… » de rentrée, nous sommes allés à la rencontre de Frédéric Mazurier, nommé directeur du CHIMM (Centre Hospitalier Intercommunal Meulan-Les Mureaux), depuis mars 2014. Cet entretien ayant été finalisé début août, toutes éventuelles nouvelles décisions intervenues depuis cette date ne sont pas prises en compte dans cette interview.

 

Merci d’avoir accepté cet entretien. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous parler de votre parcours avant d’être nommé à la direction du CHIMM ?

J’ai 48 ans et j’exerce des fonctions dans la santé publique depuis une vingtaine d’années. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences Po) de Strasbourg, j’ai passé ensuite divers concours administratifs dont l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) de Rennes pour vingt-sept mois de formation en alternance avec des stages en hôpital, plus une période à l’étranger.

Normand d’origine, j’ai exercé mes premières fonctions en 1994 au Havre sur les services économiques et la gériatrie, puis j’ai été muté en 2001 au CHRU de Tours sur le secteur de la pédiatrie et de la maternité. En 2007, j’ai rejoint l’EHPAD de Luynes (37) accueillant l’unité régionale de soins palliatifs. Puis en 2009, je suis revenu en Normandie au Centre Hospitalier de Dieppe en tant que directeur adjoint au chef d’établissement. En 2012, j’ai pris la direction des services économiques du Centre Hospitalier Intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye. Enfin, en mars 2014, je suis nommé directeur du Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM), sur avis conjoint des maires de Meulan-en-Yvelines, des Mureaux et du directeur général de l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France.

Comment êtes-vous venu dans le domaine de la santé ?

Ma famille est plutôt issue des métiers de l’agriculture et de la fonction publique mais pas de la santé. J’ai été attiré par le service public concret, c’est-à-dire vers des activités de proximité et de terrain. Je voulais également être en lien avec la médecine libérale.

Les fonctions que vous occupez actuellement comportent un nombre important d’activités, pouvez-vous nous en décrire les contours ?

Le métier de directeur d’hôpital comporte effectivement de multiples facettes. Je mettrais en premier lieu le facteur humain avec la gestion du personnel (mille deux cents agents), les relations avec le corps médical et les syndicats, le lien avec les personnels de soins, administratifs et techniques étant très important. Je n’oublie pas tous les aspects administratifs à gérer dans le cadre des nombreuses contraintes réglementaires. Ainsi la fonction englobe la gestion financière, les affaires générales, les achats et la logistique, la communication, l’informatique et les services techniques. D’une manière générale, pour moi diriger c’est donner des directions plutôt que des directives. Toutes ces activités doivent bien sûr s’exercer en restant à l’écoute des patients.

Même si un grand nombre de nos lecteurs connaissent les activités du CHIMM, pouvez-vous nous les résumer ?

Tout d’abord, il faut se souvenir que le Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan – Les Mureaux est né en 1997 de la fusion entre l’hôpital de Meulan et l’hôpital de Bécheville – Les Mureaux. Sa capacité d’accueil est de 542 lits et 68 places en hôpital de jour. Sa mission est de répondre aux attentes de la population locale et de proposer une prise en charge complète et de proximité, en hospitalisation, en ambulatoire, ou au travers de consultations de spécialistes. Enfin, il répond aux urgences de la population  24 h/24 et assure la prise en charge d’environ mille deux cents accouchements par an.

 Comme beaucoup de vos lecteurs le savent nos activités s’exercent sur trois sites :

  • L’île du Fort à Meulan où le site Henry IV possède divers pôles :  maternité radiologie, laboratoire, pharmacie, pneumologie, diabétologie, médecine, cancérologie, gastroentérologie, chirurgie viscérale et digestive, bloc opératoire, chirurgies orthopédique, vasculaire, thoracique, activités de santé publique et consultations.

  • Le site Châtelain Guillet (en cours de reconstruction) où le centre hospitalier dispose d’une maison de retraite EHPAD

  • le plateau de Bécheville où le CHIMM gère

    • un pôle psychiatrie dont la psychiatrie des adolescents, d’un pôle de soins de suite et de réadaptation,

    • un campus de formation pour les professions de santé et les métiers d’aide à la personne,

    • une crèche pour les enfants du personnel mais également ouverte sur la ville.

Ces dernières années, nous avons présenté dans nos pages les différents travaux de réaménagement ou de création de nouveaux bâtiments. Pouvez-vous évoquer les travaux en cours ou projets ?

Actuellement, les travaux de réalisation de l’extension de l’EHPAD à Châtelain Guillet se terminent. Dans une deuxième phase, la rénovation complète du bâtiment existant sera réalisée d’ici fin 2016, permettant de transférer les personnes âgées de « Brigitte Gros » vers Châtelain Guillet. Le CHIMM aura alors une structure complète de gériatrie de cent vingt-sept lits disposant d’un hébergement classique de personnes âgées, d’une unité de soins longue durée, d’une prise en charge Alzheimer, d’un pôle d’activité de soins ambulatoires (PASA), d’une unité d’hébergement renforcé et d’un accueil de jour.

Parmi les projets, il y a la poursuite du développement du campus de formation, pouvez-vous nous en parler ?

Le campus dispose de cinq instituts de formation : infirmiers(es), aides-soignants(tes), ergothérapeutes, psychomotriciens et très prochainement d’une école de masseurs kinésithérapeutes. Il accueille six cents étudiants dans ces différentes filières. Nos formations sont à la fois théoriques et pratiques avec des mises en situation sur place ou dans d’autres structures. Je profite de cet entretien pour souligner le très bon taux de réussite de nos étudiants dans ces métiers qui ne connaissent pas de chômage.

Certaines informations circulent et inquiètent le personnel et les élus locaux, concernant des évolutions dans les activités hospitalières, en particulier le transfert du service d’oncologie à l’hôpital de Mantes ; pouvez-vous nous apporter des précisions ?

A l’heure actuelle, aucune décision n’est prise. Il s’agit d’une réflexion menée à la demande de l’équipe médicale mais rien n’est encore acté. Il est vrai que d’une manière générale des travaux sont menés dans le cadre de l’offre de soins dans le Nord-Yvelines. Toutefois, chaque hôpital reste une entité qui doit mener sa propre réflexion. Il est évident que notre défi est de renforcer nos fonctions de proximité et nos spécialités comme la chirurgie vasculaire et thoracique. Il est important que nous donnions encore plus confiance à la population locale qui a un bon ressenti par rapport à la qualité des soins pour que celle-ci ait le réflexe de l’hôpital de proximité. Pour une partie de la population, l’attirance des hôpitaux parisiens est réelle.

Il nous faut conclure, avez-vous un message particulier à délivrer à nos lecteurs ?

Nous poursuivons notre développement en appliquant une politique de niche, c’est-à-dire faire ce qui ne se fait pas ailleurs tout en maintenant notre offre de soins d’hôpital au plus près de sa population. Le CHIMM n’est pas à l’abri de difficultés à l’égard des attentes de la population qu’il prend en charge et par rapport aux aspects économiques. Il est amené à s’adapter du fait de sa taille et de l’évolution des prises en charge des patients. Il doit évoluer et se poser la question du bien-fondé de sa mission  en répondant aux besoins de santé de sa population tout en facilitant l’accès aux soins. Mais au-delà des financements, la confiance des habitants est une nécessité pour un établissement de santé. On aura réussi quand ce sera naturel et logique de venir dans son hôpital.

 Nous comprenons bien que la confiance est importante mais il faut également que chacun d’entre nous prenne conscience de la chance qu’il a de disposer, près de chez lui, d’un établissement hospitalier répondant à la plupart de nos besoins en matière de santé.

Nous remercions votre collaboratrice, Alice Nutte, directrice des affaires générales, de la qualité et de la communication, pour les informations transmises régulièrement au journal et un grand merci à vous pour votre disponibilité et votre engagement ainsi que celui des personnels de santé et administratifs, au service de la population locale.

                                                                     

(Propos recueillis par Yves Maretheu)

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