Le dernier voyage de la « JEANNE »

Ce mythique porte-hélicoptère, navire école de la marine lancé le 30 septembre 1960 sous le nom de La Résolue, rebaptisé en juillet 1964 La Jeanne d’Arc, vient d’effectuer son dernier voyage depuis Brest jusqu’à Bordeaux où il sera démantelé par Véolia Propreté, une filiale de Véolia spécialisée dans la construction navale.

La « Vieille Dame » comme l’appelaient affectueusement les marins du bord, aura formé 6 000 officiers français et étrangers, embarqué 19 000 membres d’équipage et connu 25 commandants de bord. Elle a été l’ambassadrice de la France auprès de tous les pays visités. Durant quarante-six ans de carrière, elle a effectué 800 escales, sillonné 84 pays et parcouru 3,25 millions de kilomètres soit l’équivalent de soixante-dix-neuf tours du monde ou de neuf voyages entre la terre et la lune.

Elle a aussi accompli de nombreuses missions humanitaires comme  en 1988 avec à son bord Bernard Kouchner où elle a porté secours à des boat people en mer de Chine, récupérant quarante naufragés ou en 2004 lorsque le porte-hélicoptère a assisté les victimes du tsunami à Sumatra et permit la vaccination de neuf mille enfants. Mais elle a également effectué des missions militaires car il ne faut pas l’oublier, c’était un navire de guerre.

Ses escales en Polynésie, à Rio ou à Valparaiso ont marqué les jeunes marins et les populations locales, comme à New-York en 1968, où toute la communauté française se retrouva sur le port pour l’accueillir. Au cours de sa dernière mission, la « Jeanne d’Arc » a fait escale en Martinique à Fort-de-France en mars 2010, à Saint-Pierre-et-Miquelon et à Québec en avril 2010. Le 21 mai 2010, le porte-hélicoptère a fait son avant dernière escale à Rouen, sa ville marraine, en compagnie du Belém puis a fait son ultime retour à Brest, sa ville de cœur, le 27 mai 2010.

La Jeanne a été retirée du service actif le 7 juin 2010. Pendant un temps, il fut évoqué qu’elle serve d’hélisurface mais finalement elle sera détruite. Sa coque de 181 mètres de long, aux lignes racées avec un bloc passerelle à l’avant et une grande plate-forme porte-hélicoptère à l’arrière, a été emmenée à Bassens près de Bordeaux par un remorqueur pour un voyage sans retour. Lors du désarmement du bâtiment, certaines pièces symboliques furent confiées à des musées et des villes comme Brest ou Rouen qui a hérité d’une ancre.

La « Jeanne » ne sera pas remplacée par un autre bâtiment-école. Les élèves officiers de l’école navale effectueront à la place un stage de formation à la mer de six mois, appelé « mission Jeanne d’Arc » à bord d’un des trois bâtiments de projection et de commandement de la Marine, le « Mistral », le « Tonnerre » et le « Dixmude » qui assurent maintenant les missions qui étaient celles de la « Jeanne » auparavant. La formation des élèves officiers se fera ainsi dans un contexte opérationnel.        

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