Le joli mois de mai

Mois du muguet, mois de Marie, mai survient comme un air de liberté, comme un temps de renouveau. Marqué par des insurrections (1839, 1958), des crises (1877), des “ événements ” (1968), des élections, il semble bien que ce mois suscite des élans, voire des fièvres vraiment particulières. Est-ce par fidélité à l’adage qui déclare : “ En mai, fais ce qu’il te plaît ” ?

Et si nous prenions cette maxime au mot ? Si cette année nous décidions de faire ce qui nous plaît ? Non pas, que ce qui me plaît, ou tout ce qui me plaît, mais ce qui est plaisant, agréable, aimable. Bien souvent, et tout nous y pousse, nous nous efforçons de plaire aux autres, famille, patron, collègues, relations, en nous oubliant par là-même. Il y a donc un effort de séduction à faire sur soi et pour soi, de façon à parvenir à se plaire et même se complaire. Quelle chance, en effet, de se sentir bien avec sa personne tout entière, de déployer des trésors d’imagination pour attirer son propre regard vers soi, un regard rempli d’altérité, cela s’entend, mais cependant chargé d’amour et de désir. Ce serait une véritable révolution, non pas une “ interdiction d’interdire ”, mais une permission, comme celles que vivent les militaires, temps de liberté et de retour (provisoire) à la vie civile. Voilà, c’est bien ainsi ! Il s’agit de devenir à nouveau civil, avec tout ce que cela contient d’affabilité, de courtoisie, d’aménité.

Le joli mois de mai nous invite à la beauté, ne craignons pas, chaque année, de planter un mai(1) … pour honorer nos retrouvailles avec nous-mêmes, avec notre vraie liberté. Nous sommes au cœur du printemps, puissions-nous le laisser venir demeurer en notre cœur, avec ses bouquets de muguets odorants. Nous comptons souvent nos âges en printemps, comme pour dire qu’à chaque fois : nous renaissons. Qu’il en soit donc ainsi ! Cela ne peut que nous plaire… et ravir ceux qui nous entourent.

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