Anne-Cécile Ledanois, Championne de dressage

Les Echos de Meulan font une large place aux sports, le plus souvent à travers des articles, accompagnés de palmarès communiqués par les différents clubs de notre secteur, mais plus rarement dans notre rubrique « en parlant avec » des sportifs « montés sur le podium » lors de compétitions nationales. C’est le cas de la fille de Pierre-Jean Ledanois, ancien maire d’Evecquemont, Anne-Cécile Ledanois, médaillée d’or en dressage à l’Open de France d’équitation 2010 et 2011.

Mais laissons d’abord la parole à notre poète, Georges Rabaroux, ami de la famille Ledanois.

Anne-Cécile, je vous ai pratiquement vu naître puisque vos parents habitaient alors à Meulan, villa « Porte de Paris », située juste à côté de la poste. Comme les camions qui le matin apportaient le courrier arrivaient vers 6 h 20 et que le bruit de leur déchargement réveillait le bébé que vous étiez, vos parents s’en étaient plaints, mais il était bien évident que le travail ne pouvait pas se faire dans le silence ! Voici donc pour commencer cette interview une anecdote des premiers jours de votre vie pour le postier que j’étais alors.

Maintenant Anne-Cécile, voulez-vous bien vous présenter, vous-même, à nos lecteurs ?

J’ai vingt-huit ans et suis la dernière d’une famille de quatre enfants avec une grande différence d’âge, onze ans avec ma sœur la plus proche ; je fus une surprise et toute ma famille a voté pour choisir mon prénom ; finalement, afin de mettre tout le monde d’accord, j’en porte deux : Anne-Cécile. Nous habitions alors dans la maison de famille de Meulan, puis ce fut Evecquemont, lorsque j’eus 6 ans. J’y ai donc fait mon primaire. A peine adolescente, à 13 ans, un drame a frappé ma famille : ma maman est décédée, ce qui a bouleversé ma vie. J’ai poursuivi mes études au collège Mercier Saint Paul et suis allée ensuite, jusqu’en bac S, à Notre Dame des Oiseaux à Verneuil. J’ai rencontré mon fiancé, Christophe, avec qui je vis en couple depuis maintenant dix ans.

Quelles études avez-vous entreprises après le baccalauréat ?

C’est à l’université de Cergy Pontoise que j’ai fait mes études supérieures. Je voulais être enseignante en Sciences et Vie, mais durant un stage, j’ai réalisé que ce n’était pas ma voie. J’ai continué mes études et j’ai obtenu un master en Environnement, spécialité « milieu urbain et industriel, éco-conception et gestion des déchets ». Au cours de ma recherche de stage de deuxième année, j’ai trouvé un emploi en CDI chez TERAO, bureau d’étude en Haute Qualité Environnementale, à Paris, et j’y suis depuis cinq ans. Je travaille à la construction de bâtiments écologiques, car être utile à la planète est primordial pour moi.

Et le cheval dans tout cela ? Parlez-nous de votre vocation de cavalière.

J’ai toujours été fascinée par cet animal mais en fait j’en avais peur, je me suis donc donné pour objectif de vaincre cette appréhension. J’ai commencé à monter à la Base de loisirs de Verneuil. Je me suis fait quelques frayeurs ; je suis tombée plusieurs fois ce qui m’a refroidie. Au fond j’aimais surtout m’occuper des chevaux. J’ai arrêté sept ans la monte lorsque j’ai poursuivi mes études à la fac de Cergy.

Il y a quelques années, j’ai voulu recommencer avec mon fiancé qui s’est pris de passion lui aussi pour le cheval. C’était sûrement le bon moment pour redémarrer, d’autant que nous avions près de chez nous « les écuries de la Chevée » à Vallangoujard. Nous avons apprécié l’accueil qui nous a été fait et les qualités du coach Claude Panier qui est un excellent dresseur et formateur de jeunes talents.

C’est donc à la Chevée que vous vous êtes qualifiée dans le dressage ?

En arrivant à la Chevée je ne pensais pas du tout à mon évolution. Je voulais surtout renouer le contact avec les chevaux. Au début, nous avons monté des poneys, puis un frison, jusqu’au jour où j’ai eu un coup de foudre pour ce petit espagnol. Il a presque huit ans, il est magnifique et très joueur, d’où son surnom de « Bandi ». Christophe monte en semaine et moi durant le week-end ; nous avons chacun notre façon de monter, ce qui fait évoluer le cheval sur différentes facettes. Mais bien sûr, il progresse plus quand les professionnels de l’écurie le travaillent !

Comment s’y prend-on pour dresser un cheval ?

Le jeune cheval doit tout d’abord apprendre à supporter la selle, puis le cavalier. Il doit écouter ce qu’on lui demande à travers des gestes (comme serrer les jambes) ou la voix L’apprentissage se fait à force de répéter, mais il faut toujours que cela reste un jeu car alors le cheval est motivé et s’il renâcle, ne pas insister… beaucoup récompenser avec des carottes, des pommes … et revenir à l’exercice plus tard. Tous les chevaux sont différents et chaque cavalier a sa façon de monter.

Comment êtes-vous arrivée en compétition ?

Je disais que je ne ferais jamais de concours, que je serais trop stressée. Il faut retenir les lettres repères autour de la carrière, retenir l’ordre des mouvements, réussir à les réaliser correctement, et je pensais que c’était prématuré pour le cheval. Mais en voyant notre évolution et après y avoir goûté, j’ai changé d’avis. Pour les compétitions nationales, il faut passer tout d’abord des qualifications à faire dans l’année et obtenir une note minimale. On est noté par mouvement puis sur l’ensemble. Le championnat national se dispute sur deux jours : le premier ce sont les figures imposées, le second est une reprise libre en musique et le cavalier est costumé ; ainsi j’ai choisi en 2010 l’Espagne et en 2011, l’Irlande.

Parlez-nous de votre palmarès.

C’est à Lamotte-Beuvron, en Sologne, que se déroule le championnat. La première année, en juillet 2010, je n’y croyais pas… et cependant je suis arrivée 2ème le premier jour (figures imposées) et de même le second jour (reprise en musique) mais en raison du classement des autres concurrents je suis passée à la 1ère place, personne ne s’y attendait ! L’année suivante, la pression était plus forte car l’épreuve était d’un niveau supérieur et j’avais l’impression que cette fois-ci, on comptait sur moi. Et j’ai finalement obtenu la 1ère place sur les deux épreuves.

Les épreuves et la remise des prix, avec le soutien de ma famille et mes amis, les acclamations, le podium, la Marseillaise, le tour d’honneur sont des moments inoubliables, émouvants. Et si nous avions déjà participé à des concours, concours de beauté pour « Anshu » notre chien shar-peï, qui a également remporté des titres, ce n’est pas comparable.

Qu’aimeriez-vous dire de plus à nos lecteurs ?

La passion du cheval est un choix de vie, car cela nous prend beaucoup de temps et impose un important budget, limitant par le fait même d’autres activités (vacances), mais c’est sans aucun regret. Et puis j’ai trouvé dans le monde du cheval une vraie famille avec laquelle nous vivons de très bons moments, de grandes amitiés. Cette passion dévorante, c’est peut être aussi, parce qu’atteinte en 2009 d’une embolie pulmonaire, j’ai réalisé qu’il faut savoir vivre pleinement ses choix avant qu’il ne soit trop tard.

Merci Anne-Cécile d’avoir livré aux Echos de Meulan votre passion du cheval et toutes nos félicitations pour vos rapides et brillants succès en dressage. Nous formons des vœux pour vous voir à nouveau monter sur la plus haute marche du podium en France ou à l’étranger.

(Propos recueillis par Georges Rabaroux et Ghislaine Denisot)

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