Mars 2012 : Vous avez dit… élection ?

On peut dire que le thème de l’élection est très présent dans la Bible. La plupart du temps on insiste surtout sur l’initiative de Dieu et c’est ainsi qu’on peut lire dans le Livre du Deutéronome ces mots : « Si le Seigneur s’est attaché à vous et s’il vous a choisis… c’est que le Seigneur vous aime  » (Dt 7,7-8).

Pour autant, n’oublions pas que, pour que l’appel soit effectif, il est nécessaire que quelqu’un réponde à ce choix. C’est ainsi qu’on parlera de peuple élu mais également de personnes appelées pour accomplir des missions spécifiques. On peut parler alors d’une certaine mise à part, afin de se consacrer à la mission proposée. Cela entraînera des comportements particuliers comme l’obéissance à la Volonté divine, pas dans un esprit de servilité mais bien de service. On imagine souvent que Dieu, lorsqu’il fait œuvre d’élection, va regarder vers les plus forts, les plus beaux, les plus intelligents. Mais ce serait oublier que Dieu regarde d’abord vers celui ou celle qui sait se montrer humble, qui possède un cœur et un esprit droits, celle ou celui qui est le plus petit. Ceci est vrai déjà pour le peuple hébreu qui ne compte pas parmi les nations les plus puissantes mais aussi pour les hommes. Quand on lit les récits de vocations, comme ceux, par exemple, de Moïse, de Jérémie ou d’autres encore, on ne peut que constater que c’est, justement, grâce à leurs incapacités qu’ils ont été remarqués. Ainsi Moïse a de gros problèmes de langage qui devraient l’empêcher de parler au peuple, un autre se déclare trop jeune ou incompétent.

Mais justement, ce ne sont pas leurs propres idées qu’ils auront à proclamer mais bien la Parole de Dieu. L’humble, en effet, sait s’effacer devant Celui qui est plus grand que lui afin de servir le bien commun. Pour le chrétien, bien sûr, l’élu par excellence est le Christ, lui qui affirme qu’il n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour la multitude (cf. Mt 20.28). Etre serviteur, c’est bien là la raison de l’élection divine et, en latin, serviteur se dit « minister » (ministre en français). Tout un programme !

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