Les Invalides : 350 ans d’histoire de France

Le règne du Roi Soleil est aussi celui des conflits sans fin. Que faire de tous ces hommes estropiés, mutilés qui ne savent que mener le combat et se trouvent souvent sans emploi ? Et de ces soldats survivants mais sans pension, réduits le plus souvent à la rue et la mendicité ?

L’engagement du Roi

C’est en 1670 que Louis XIV décide de la création d’un hôtel pour que « tous les officiers et soldats estropiés, vieux et caducs de nos troupes y soient logés, nourris et vêtus leur vie durant ». C’est la première fois dans l’histoire que les victimes des guerres, jusqu’alors recueillies dans les monastères, sont ainsi prises en charge par l’Etat.

La plaine de Grenelle qui à l’époque était un peu en dehors de la capitale, fut choisie pour la   construction. Il fallait que le bâtiment soit proche de Paris et proche de la Seine ; une nécessité pour le chantier et la vie de l’établissement car tout était acheminé par voie d’eau.

Confié à l’ingénieur du roi Libéral Bruant, la construction présidée par Louvois, ministre de la Guerre, commence l’année suivante. Le bâtiment tient à la fois d’hôpital, d’hospice, de caserne et même de monastère. Le site de 15 ha est un modèle de symétrie : seize cours intérieures, un plan en quadrilatère rappelant celui des hôpitaux de l’époque et de chaque côté de la cour, des immenses salles en enfilade servent de réfectoires.  Confort exceptionnel, on y trouve  l’eau courante avec de grands lavabos de pierre. Les invalides sont logés en dortoir  dans les bâtiments formant des cours carrées et dorment à l’étage dans des chambrées de quatre ou cinq ; seuls les officiers peuvent avoir une chambre particulière.

Derrière la façade de 195 mètres de long et 22 mètres de haut, se trouve la vaste cour d’honneur de 102 mètres sur 64 où se déroulent de nos jours les cérémonies d’hommage de la Nation à ses soldats morts au combat ou à de grandes personnalités.

L’immense hôtel est prêt à fonctionner dès 1674 et abrite jusqu’à deux mille pensionnaires soumis à la discipline militaire. Avec l’église royale inaugurée en 1706, s’achève la plus importante réalisation architecturale du règne de Louis XIV après Versailles.

L’institution charitable se perpétue sans changement jusqu’à la Révolution. Saint Louis des Invalides devient alors temple de Mars et accueille dès 1793 les drapeaux pris à l’ennemi. Napoléon Ier  rouvre l’église au culte tout en conservant sa vocation de dépositaire des trophées.

A l’exemple des gouverneurs de l’édifice inhumés dans une crypte située sous le maître-autel de l’église des soldats, l’Empereur y fit installer les tombeaux des maréchaux qui ont contribué à la grandeur de la France comme Turenne, Vauban, Bugeaud, Ornano… rejoints plus tard par Lyautey, Foch, Juin, Leclerc…

La loi du 10 juin 1840, fixe l’installation du tombeau de Napoléon sous le dôme des Invalides. Tout autour de la crypte circulaire, dans les tombeaux interdits aux visites, reposent aussi quelques membres de la famille de l’Empereur.

Savez-vous que les dalles de la tombe de Napoléon à Sainte Hélène suivirent sa dépouille en France ? Longtemps conservées dans l’église, elles sont à l’abri de buissons dans un jardinet latéral à Saint Louis depuis 1978.

Après 1870, l’institution hospitalière décline progressivement. En 1872, en l’honneur du pays et de l’armée française, un musée de l’Artillerie voit le jour, suivi en 1896 par le musée historique de l’Armée.

Un centre médico-chirurgical spécialisé dans le traitement des blessés médullaires est créé en 1955. Rénové à la fin des années 1970, il est ouvert aux blessés civils présentant les mêmes pathologies. Devenue établissement public depuis 1991, l’Institution nationale des Invalides est ouverte aux blessés par attentat.

Visiter les Invalides

En complément des expositions temporaires, le musée de l’Armée propose des expositions thématiques permanentes et variées d’une grande richesse.

Même si une partie de l’hôtel abrite une maison de retraite et un hôpital pour les anciens militaires, les Invalides sont surtout devenus le grand reliquaire de nos gloires nationales.

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